Pour le second volet de notre Tattoo Tour nous sommes allés à la rencontre de Sophie Poppins. Une tatoueuse au parcours humain déjà très riche, installée sur le caillou depuis quatre ans.

Sophie Poppins c’est probablement pour certains d’entre vous, « la tatoueuse ayant participé à la première édition de Miss Tattoo France ». Mais derrière cette image se cache une artiste dans l’âme, au parcours riche et atypique, ayant fait ses armes auprès de l’un des plus grands tatoueurs Parisiens, Easy Sacha.

Sophie Poppins

Bretonne d’origine, Sophie s’envole dès l’âge de 18 ans en Inde en vue d’acquérir une expérience dans le domaine social. Son voyage d’un an au « pays des couleurs » durera finalement 8 ans. Elle y effectuera ses études d’Art et Design et y travaillera quelques années avant de rentrer en métropole. Peu de temps après son retour, notre artiste aura une véritable révélation et entamera son apprentissage dans le domaine du tatouage. Formée par le talentueux et très influent Easy Sasha au salon Mystery Tattoo Club, elle posera ses valises quelques années plus tard en Nouvelle-Calédonie (durant son tour du monde) pour notre plus grand plaisir.

C’est dans un salon au style simple et épuré, respectant à la lettre les normes d’hygiène, que Sophie exerce son talent. Reflétant à travers ses valeurs humaines et éthiques, le tatoueur idéal, Sophie garde toujours pour objectif de partager avec la personne qu’elle tattoo un moment privilégié. Pour ses clients, elle s’efforce avant tout de comprendre le mieux possible ce qu’ils ont en tête et de respecter leurs idées.

Sophie Poppins

Son style, des tatouages poétiques avec pour inspiration artistique, la Nature. C’est avec quelques lignes noires que la jeune artiste, adepte du monochrome, esquisse et suggère. Il se dégage de ses tatouages une douceur féminine faisant de ses pièces des oeuvres élégantes et intemporelles.

Si vous cherchez un tatouage à l’encre noire, avec des compositions s’apparentant principalement aux éléments naturels, Sophie Poppins est l’artiste qu’il vous faut suivre ! Globe-Trotteuse avant tout, notre artiste à la bougeotte alors ne tardez pas !

Sophie Poppins

Nous l’avons interviewé dans son salon afin d’en connaître un peu plus sur elle et de vous permettre d’être dans sa peau, l’espace d’un instant.

Moove : Sophie Poppins c’est ton vrai nom ?

Sophie : J’aimerai bien!!! Mais non, Sophie Poppins c’est un surnom qui date d’un voyage et qui est resté. A cause de la poésie ambiante et de mon coté un peu à l’ouest (normal pour une bretonne en même temps)! Je voulais garder Sophie dans mon nom d’artiste, parce que je m’y identifie et qu’ensuite cela facilite les interactions avec les gens dans la vie réelle, donc voila pour l’anecdote, rien de vraiment spirituel, mais certaines choses se doivent de rester un peu plus terre à terre !

Moove : Racontes nous ton parcours ?

Sophie : Mon parcours de tatoueuse est fortement lié à mon parcours de vie ! Difficile de dissocier les deux ! Je suis née d’une mère artiste graveur, il doit y avoir certaines choses qui coulent dans les veines ! Le tatouage, on peux le définir comme de la gravure sur peau au final donc c’est amusant. Pourtant je ne voulais pas être artiste ! Voyant ma mère galèrer un peu financièrement, moi je voulais d’un travail qui me permette de gagner des sous pour pouvoir voyager ! Et alors que je faisais un voyage d’un an en Inde à 18 ans, pour me fournir une expérience dans le domaine social, domaine dans lequel je voulais m’engager, j’ai trouvé une école d’art et design incroyable… et je suis restée ! 5 ans d’études plus tard j’étais Designer et travaillais pour Nokia en tant qu’expat en Inde. Mais il manquait quelque chose : l’artisanat, les outils… Issue d’une famille d’intellectuels, ou le nombre d’années d’études est valorisé, j’éprouve aujourd’hui une grande fierté à gagner ma vie de mes mains, vraiment. Il me manquait un rapport au corps et à l’Humain aussi… Un (grand) voyage, un retour en France, une année d’étude en maquillage artistique plus tard, le chemin vers l’apprentissage apparaissait alors soudain comme une évidence !
J’ai donc appris à Paris, auprès de Easy Sacha et son équipe du très coté Mystery Tattoo Club. Puis je suis partie dans un tour du monde inopiné avec un ami tatoueur, je suis passée par la Calédonie par hasard, y suis revenue quelques mois plus tard, sautant ainsi la dernière destination de mon tour du monde, et, alors que je comptais rester 6mois / un an, voici bientôt quatre années que je suis à Nouméa. Jusqu’à de nouvelles aventures !

Moove : Pourquoi avoir choisi de faire ce métier ?

Sophie : Je pense que ma réponse précédente répond également à cette question. Je crois aussi que les passions nous trouvent plus que l’inverse. Et ce dans tous les domaines. Choisit-on vraiment les chemins que l’on emprunte lorsque l’on réfléchit avec le coeur (et les couilles) ? Je n’en suis pas certaine !

Moove : Qu’est ce qui te plait dans ce métier ?

Sophie : Là aussi, j’ai déjà ébauché une réponse je crois. L’artisanat, et l’Humain avec un grand H.
C’est vraiment le meilleur métier du monde ! Enfin le meilleur métier du monde pour moi ! Tous les jours je remercie la vie pour la qualité des rencontres que ce métier génère. Cela m’impressionne tellement, la confiance que les gens m’octroient. c’est tellement fou. Cette sensation rend tout petit vraiment. Tu marques des inconnus à vie, tout en rentrant dans une collaboration artistique vraiment interessante… je n’ai pas les mots c’est vraiment trop magique!!

Moove : Tu utilises quelle technique pour tes dessins ?

Sophie : L’analogue!!! Malgré mon passé de Designer, je n’utilise plus rien des outils du digital mis à part la photocopieuse c’est tout ! Je dessine, je retrace au propre sur calque, je photocopie, je coupe et je colle parfois (photoshop manuel) et je réalise le transfert que je colle sur la peau.

Moove : Tu as un petit rituel pour dessiner et créer ?

Sophie : Je prie, j’invoque les esprits de mes ancêtres et je brule de l’encens!!! Non je déconne, je m’assied en tailleur sur un canapé ou un lit, écoute un peu de musique et c’est parti. Je dessine le soir principalement, le matin j’ai l’énergie du tattoo et le soir celle du dessin !

Moove : Ton style de dessin préféré ?

Sophie : J’aime la poésie visuelle. j’aime l’animal et le végétal, avec une influence des gravures qui ont bercées mon enfance. J’aime les estampes japonaises aussi et ce trait graphique plus traditionnel. Parfois je mélange les deux. Je prend de plus en plus plaisir à ne travailler qu’en noir et blanc, je fais encore un peu de couleur parfois, mais j’aspire à plus de sobriété à présent. En trois mots mon travail se caractérise par la finesse des traits, le détail et une certaine poésie.

Moove : Est ce qu’il y a un tattoo que tu as fait et qui t’a marqué ?

Sophie : C’est marrant à quel point cette question revient toujours. Les gens veulent entendre des histoires incroyables ou je ne sais quoi ! Les expériences de tatouages qui m’ont le plus marqué étaient dues à l’humain bien plus qu’au tatouage en lui même. De belles rencontres ou des histoires fortes qui ont transformé un acte -presque- anodin, en une expérience humaine bouleversante.

Moove : Si on te donne carte blanche pour faire un tattoo tu ferais quoi ?

Sophie : Rien du tout. Je ne crois pas en ce concept de carte blanche, laissant libre cours à l’ego de l’artiste sur une toile humaine. J’aime appréhender le tatouage comme une collaboration, une relation, ou certes nous avons un ascendant indéniable et inévitable sur la personne qui s’en remet à nous et nous accorde sa peau et sa confiance, mais, en collaborant sur le motif à cent pour cent, il est possible de diminuer un peu ce fossé entre tatoueur et tatoué et les remettre sur un pied de presque égalité. Dans la création du motif tout comme dans la réalisation de l’acte, le tatouage est un travail d’équipe ! Si la personne bouge ou se plaint tout le temps, alors le tatoueur ne peux pas travailler, il y a la aussi un rapport de confiance qui s’installe. Collaborer sur un dessin nous permet également de repousser nos limites en tant qu’artistes. Certes je pose à présent comme condition que l’on vienne me voir parce que mon univers résonne, mais ensuite les gens me poussent à dessiner des choses que je n’aurait pas eu l’idée de dessiner etc… c’est vraiment stimulant !

Moove : Ça t’es déjà arrivé de refuser un tatouage ?

Sophie : Oui cela arrive très souvent ! Pour des raisons éthiques parfois, humaines plus rarement, et artistiques souvent. Comme je l’ai dis il faut que la personne qui vient me voir soit dans une démarche de collaboration (vs consommation) et adhère à mon univers. Il n’y a qu’ainsi qu’il m‘est possible de m’investir également à 100 pour 100 et ainsi réaliser le meilleur tatouage possible. Sans cela, à mon avis un tatoueur ne devrait jamais accepter un tatouage, c’est comme une charte éthique ! mais ça malheureusement…

Moove : Ça se passe comment quand on vient chez toi pour la première fois se faire tatouer ?

Sophie : Ça se passe bien ! en douceur et dans la bonne humeur.

Moove : Tu as quoi comme tatouage et peux tu nous en expliquer le sens ?

Sophie : J’ai un grand tatouage en construction. Une seconde peau, un habit d’encre qui me permet surement inconsciemment de faire un pied de nez à la blancheur qui m’a été imposée à la naissance et que j’ai mis énormément de temps à accepter. J’aime l’idée d’être une femme à la peau bleue (on appelle ainsi les gens très tatoués), ni blanche, ni noire, ni jaune, ni rouge, le bleu me va.

Moove : Tu as participé à la première édition de Miss Tattoo, comment t’est venue l’idée et est ce que ça a été une belle expérience ?

Sophie : Un peu la flemme de répondre à celle-ci à nouveau, en tant qu’artiste je n’affiche pas ma tête (ce qui pourtant augmente la cote instagram de beaucoup de tatoueuses un peu jolies ou stylées tu remarqueras), miss tattoo c’était une expérience en tant que Sophie P. mais pas en tant que Sophie Poppins : )) à ce niveau toute expérience ou l’on sors de sa zone de confort est bonne à prendre, après ce n’est pas quelque chose que je referai !!

Merci Sophie

Sophie Poppins

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