Chaque année, des hippies, anarchistes, artistes et réincarnations de figures religieuses célèbrent l’amour et la paix au Rainbow Gathering. Ici, pas de hiérarchie, mais une communauté nomade qui prône la non-violence et l’égalitarisme. Le respect de la terre et des animaux, incarné dans une alimentation bio et végétarienne, fait aussi partie de leurs principes. Retour sur l’histoire et l’essence d’une communauté dans la tradition purement hippie.

Ces dernières années, blogs et réseaux sociaux se sont enflammés : le Burning man, ça n’est plus ce que c’était ; c’est devenu le repaire des mômes millionnaires des nouvelles technologies, de patrons de start-ups qui ruinent l’esprit du rassemblement ; faut plus y aller – entre autres coups de gueule dont la plupart des mortels se contrefoutent. Plutôt que d’entrer dans la danse, voilà une idée d’alternative pour les puristes qui voudraient reconnecter avec leur moi intérieur.

Rainbow Gathering

Le Rainbow Gathering, plus concrètement c’est une sorte de label (ouais, comme Agriculture Biologique, Commerce Equitable ou les soirées Mister Saturday Night) qui vaut gage de qualité et de valeurs communes, pour divers rassemblements dans le monde, parfois simultanés. Le premier rassemblement de ce type a eu lieu en 1972, dans la forêt nationale Roosevelt, près de Granby dans le Colorado. Les festivités avaient alors duré 4 jours, et malgré les barrages police – qui considéraient l’initiative comme une menace à l’ordre public – elles ont regroupé environ 20 000 personnes. Les Rainbows sont des tribus utopistes qui excluent argent et structure exécutive (les décisions sont prises par consensus, avec un système de « bâton de parole » très école primaire). Les tribus se basent sur les idéaux de paix, de don, de volontarisme et d’écologie.

Rainbow Gathering

Largement fondée sur les contre-cultures 60s (beatnik, hippie) la communauté (appelée la Rainbow Family) cherche à sortir des dynamiques de consommation, à s’éloigner des organisations politiques, des systèmes de médias de masses, perçus comme nocifs. Au contraire, l’idée est de reconnecter avec la nature : un autre aspect prédominant de ces regroupements est qu’ils trouvent leurs racines dans une globalité de philosophies ésotériques de l’élévation de soi et du retour à la terre (orientalisme, shamanisme sud américain…).

Le premier rassemblement européen eut lieu en 1983 dans le Tessin en Suisse, et maintenant la Rainbow Family est présente sur tous les continents.

Rainbow Gathering

Jusque récemment la couverture médiatique de tels évènements a été très critique, se focalisant sur l’usage de diverses drogues, sur la nudité, les tensions avec les autorités locales – notamment les heurts avec les forces de police – les fugueurs qui rejoignaient la family… On retrouve là le traitement habituel des phénomènes de la contre-culture par les médias en place – pas la peine de chercher loin, les premiers articles sur le mouvement rave ou la naissance du hip hop en disent long. Mais un retour des idéaux New Age dans nos sociétés à partir du milieu des années 90 (largement relayé par la publicité et le développement de nombres labels garantissant la qualité ou l’équité de certains produits) a poussé à regarder le phénomène des Rainbow Gatherings d’un nouvel œil, plus clément.

Rainbow Gathering

Aujourd’hui, les gatherings se déclinent à plusieurs échelles, avec des évènements locaux, nationaux, et un gathering international annuel.

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