Mais quelle mouche a piqué Daddy Mory ? On le croyait cuit, oublié, on le disait entré dans la légende des dinosaures du dub. Stan Smith aux pieds, bandana verrouillé, Daddy Mory le vétéran du raggamuffin est de retour et se produira sur le caillou du 06 au 16 avril prochains.

Si je vous dis Daddy Mory, vous allez certainement penser tout de suite à Raggasonic. Sauf que Daddy Mory, ce n’est pas juste une moitié de duo, ni le frère siamois à vie de Big Red, même si avec son compère de Raggasonic, il a longtemps campé les têtes des charts pendant les 90’s, enflammant les foules à coup de « J’entends parler du Sida », « Bleu Blanc Rouge », ou encore « Aiguisé comme une lame », le tube corrosif où NTM avait prêté voix forte. En effet, Daddy Mory continue à assurer un max en solo, mêlant avec brio Dancehall, Reggae, Ska et Hip Hop.

Né à Paris, Daddy Mory part vivre avec sa famille en banlieue parisienne où il développe à l’adolescence une passion sans limites pour la musique. A 16 ans, il met en boîte un premier titre, à l’occasion d’un sound system. Son nom, il l’a choisi en référence à Mory Kanté, grand ponte de la musique africaine. Après avoir joué avec Drop the Lyrics, Daddy Mory se lance dans le Soundjata Sound System aux côtés de Big Red. Les deux compères décident ensuite de créer le groupe Raggasonic, qui fait un véritable carton dans les années 1990.

Malgré le succès, Big Red et Daddy Mory finissent par se brouiller et se séparent en 1999, une année d’autant plus sombre pour Daddy Mory que ce dernier passe quatre mois en prison pour détention de substances illicites. Pendant son séjour pénitencier, Daddy Mory a du temps devant lui et se remet à l’écriture de textes. Mais à sortie, tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’à un fil pour le musicien : les labels et les radios ne misent plus sur lui, tout le monde le prend pour un délinquant en puissance, et Big Red clame à qui veut l’entendre que Daddy Mory est fini, et que lui seul est capable de gérer l’après-Raggasonic et de mener à bien une carrière solo.

Heureusement, Daddy Mory peut compter sur le soutien de sa famille et remonte peu à peu la pente, en participant à de nombreux sound systems. Il publie ensuite le maxi « Kisdés 2 » en 2001 avant de partir en tournée avec Lord Kossity et Nuttea. Puis Daddy Morry sort en 2003 « Ma voix résonne », son premier album solo, où l’on peut entre autres retrouver les collaborations de Saïan Supa Crew, de Busta Flex et du rejeton de Pierre Bachelet. Ce coup d’essai en solitaire est notamment influencé par la passion de Daddy Mory pour le Reggae, le Dancehall et la mystique Rastafari. Au même moment, Daddy Mory monte son propre label, « Atomik Dogz ». Daddy Mory participe ensuite à quelques compiles et aux albums de Lord Kossity ou encore de 113, et publie un DVD, « Burning Zone » en 2005. Son deuxième album solo paraîtra quant à lui en 2006.

Neuf ans après « Reality », Daddy Mory signe son retour avec « Travail d’artiste », un troisième album solo de qualité. Annoncé depuis un moment et donc très attendu, ce nouvel opus voit Mory réaffirmer avec vigueur son identité d’artiste reggae-dancehall issu de l’école des sound-systems. Ici, pas de sonorités édulcorées : le vétéran français livre des titres dans la plus pure tradition dancehall et dans l’ère du temps.

Daddy Mory fera son Raggasonic Tour sur le caillou du 06 au 16 avril.

Daddy Mory